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Folie? Maladie mentale? ou preuve de bonne santé?

Folie? Maladie mentale? … Ou preuve de bonne santé?

 

« Être bien adapté à une société malade, n'est pas forcément preuve de bonne santé. »

 

Je ne sais plus qui a écrit la citation ci-dessus... Qu'importe! Pas envie ici de faire de l'érudition.

 

Plutôt envie de partager quelques réflexions issues de ma pratique.

 

Les personnes qui viennent voir un Psy sont des personnes en souffrance, qui présentent des symptômes gênants, douloureux, et demandent à juste titre à se libérer de ces symptômes qui les font souffrir. Et à cette demande légitime la médecine (qu'elle soit somatique ou psychiatrique) a tendance à répondre en cherchant à lutter contre...

Et chacun fait très souvent (trop souvent!) de même : si on a mal à la tête, on prend un comprimé d'aspirine... sans savoir si le mal de tête provient d'un problème de tension sanguine, d'un début de carie dentaire... ou est la conséquence de la cuite d'hier soir! Sans comprendre que le corps, par la douleur, nous alerte que quelque chose ne va pas... mais ne nous dit pas quoi.

De même la personne qui ne trouve pas le sommeil prend un somnifère ou un anxiolytique pour étouffer l'angoisse qui dit que quelque chose ne va pas. Mais quoi?

 

Quand un bébé fait de la fièvre, tous les parents savent qu'il suffit de mettre l'enfant dans une baignoire à 36 degrés pour que la fièvre baisse... car la fièvre est très désagréable! Sauf que la fièvre signifie simplement que l'organisme est en train de lutter contre... mais contre quoi??? La rubéole? La grippe? Une angine? Les oreillons?... Alors on va voir le médecin pour lui demander d'aider l'organisme à mieux se défendre contre l'intrus (le microbe ou le virus) et la fièvre est la preuve que l'organisme est en bonne santé puisqu'il lutte! Les personnes sans défenses naturelles ne font pas de fièvre et meurent....


Quand j'étais enfant, si je rentrais de l'école avec le nez qui coulait, mal à la gorge et de la fièvre, ma mère me faisait un grog (eau chaude, sucre, et un tout petit peu de rhum!) me mettait au lit sous un gros édredon pour faire augmenter la fièvre... et le lendemain (malheureusement pour moi!) je retournais à l'école. Bon... Aujourd'hui une maman qui oserait donner une cuiller à soupe de rhum à un enfant serait poursuivie en justice... Aujourd'hui on donne un sirop acheté en pharmacie... (avec de l'alcool dedans, mais CHUT!!!...)

 

La fièvre, les symptômes sont la preuve que l'organisme physique est en bonne santé et lutte.

De même les symptômes psychologiques, l'angoisse, les névroses, les psychoses même sont la preuve que l'organisme psychologique, la psyché est en bonne santé mentale et lutte contre des microbes ou virus psychologiques

 

Au psy de décrypter les symptômes pour non pas lutter contre, mais les accompagner! De même qu'en accompagnant la fièvre qui lutte, la fièvre finit par disparaître.

 

Quand j'étais étudiant en psychologie, un psychiatre qui nous enseignait la psychopathologie au cours de Travaux Dirigés dans un hôpital psychiatrique de la région bordelaise nous avait proposé une théorie des « maladies mentales ». J'ai oublié son nom, mais je n'ai pas oublié sa théorie :

 

Quand il y a un désaccord interne, une bagarre entre des désirs profonds d'épanouissement portés par la force vitale qui est en nous et des croyances qui bloquent et interdisent, la personne commence à ressentir un malaise, une angoisse.

Si l'angoisse augmente car la lutte interne ne se calme pas, on commence à parler de névrose d'angoisse (malaise profond sans cause consciente.) L'angoisse est le signe que quelque chose ne va pas, mais en général, comme c'est désagréable, on lutte contre sans chercher à comprendre ce qu'elle cherche à nous dire.

Puis l'angoisse augmente et se mettent alors en place des processus psychologiques de lutte pour chercher à nous guérir. Selon nos expériences de vie et les mécanismes appris souvent par hasard... les processus de lutte sont différents :

  • La somatisation : Le corps dit avec des maux ce que la psyché ne peut dire avec des mots... Ce que l'on appelait de mon temps la « névrose hystérique » (ici le mot hystérie n'a rien à voir avec sa signification dans le langage commun!). Il s'agit de toutes ces maladies dites psychosomatiques, que la médecine nomme parfois « essentielles » (ce qui veut dire : « c'est comme ça, et on ne comprend pas »!), ou « cryptogènes » (c'est à dire d'origine inconnue, mais avec les racines grecques ça fait plus sérieux et scientifique!) voire « auto-immunes »(qui signifie que le corps se bouffe lui même.)

  • L'externalisation : la personne projette à l'extérieur d'elle même l'angoisse qui est trop insupportable, et l'associe à un stimulus extérieur par exemple une araignée. Il reste un fond d'angoisse, mais tant qu'il n'y a pas la présence du stimulus associé, ça reste supportable.... C'est ce que l'on nommait la névrose phobique. Mais si l'angoisse augmente néanmoins, et comme de toutes façons le mécanisme d'externalisation ne résout pas la lutte interne, alors se met en place le troisième processus de défense :

  • L'évitement. Il s'agit ici de mettre en place tout ce qui peut permettre d'éviter de se confronter à l'angoisse, et c'est ce que l'on appelait la névrose obsessionnelle où l'on retrouve les personnalités psycho-rigides, les troubles obsessionnels compulsifs (TOC), les addictions (boulimie, alcoolisme, drogues etc...) les pervers narcissiques....

 

Malheureusement parfois l'angoisse augmente encore car la lutte intra psychique est trop violente, et nous passons aux décompensations psychotiques (schizophrénie, paranoïa, psychose maniaco dépressive, bouffées délirantes aigües etc...) chacune de ces psychoses se mettant en place, comme les névroses, en fonction des expériences de vie et des mécanismes appris.

 

Ce dont je parle ici, c'est selon les appellations qui existaient en psycho pathologie dans les années 70... Aujourd'hui, le DSM (manuel psychiatrique financé par les multinationales pharmaceutiques) ne parle plus de névroses ou de psychoses mais de troubles, de symptômes, contre lesquels les médicaments luttent en permettant aux actionnaires de ces multinationales de ne pas avoir l'angoisse de leurs fins de mois. (c'est donc au moins efficace pour quelques personnes...)

 

Il est certain que cette approche de la souffrance psychique va à l'encontre des habitudes actuelles et de la demande de la pilule du bonheur qui va résoudre TOUT DE SUITE le problème, sans qu'on ait à faire le moindre effort; Il est certain que cela va à l'opposé de cette société qui nous pousse à ne plus assumer nos propres responsabilités pour une vie autonome et à remettre notre libre arbitre entre les mains d'un autrui qui décidera pour nous....en nous aidant à étouffer en nous les symptômes qui cherchent à nous dire que quelque chose ne va pas....

 

Je crois que mon travail de psy consiste au contraire à aider les personnes en souffrance à reprendre leur vie en main, en écoutant ce que leur dit leur guide intérieur, pour se libérer de toute emprise, y compris l'emprise des médicaments à vie... y compris en se libérant le plus vite possible du psy!


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Membre certifié PsY en mouvement

Gérard Wéry

Psychothérapie

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